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Les pigeonniers étaient le refuge de pigeons ramiers durant les flux migratoires saisonniers. Ils servaient aussi de refuge pour ranger du matériel agricole ou des mottes de pailles pour les animaux.
HISTOIRE DU PIGEON DOMESTIQUE DEPUIS L'ANTIQUITE
À l'origine, les pigeons bisets vivaient dans les falaises rocheuses, les montagnes ou les zones désertiques. La première domestication connue du pigeon date de l'Égypte des pharaons, il y a 5.000 ans. L’élevage du pigeon était initialement alimentaire. Mais ses compétences de grand voyageur revenant fidèlement à son pigeonnier ont bien vite été observées et le “ pigeon voyageur ” est né. C'est, entre autre, la magnétite présente dans certains tissus de son cerveau qui, équivalente aux composants de nos boussoles, l'aide à retrouver aisément son pigeonnier même quand il est relâché à plusieurs centaines de kilomètres. Avec le temps, des individus sont retournés à l’état “ sauvage ”( début du 20° siècle), abandonnant les pigeonniers pour s’installer le plus souvent en ville où ils occupent des constructions dont la verticalité évoque leurs falaises d'origines. Le pigeon de ville est le descendant du pigeon domestique, lui-même issu du pigeon biset initialement sauvage. La durée de vie moyenne d’un pigeon en ville est de 6 à 8 ans ( 3 à 4 ans à Paris ). Le pigeon biset de ville, contrairement au pigeon ramier qui niche dans les arbres, fait son nid dans les anfractuosités des bâtiments. Espèce à fort potentiel d’adaptation, il a conquis tous les espaces disponibles des greniers des immeubles aux constructions métalliques( métro aérien, halls de gares… ).
Les déjections des pigeons appelées "colombine", riches en azote et en acide phosphorique, servaient à la fumure de cultures exigeantes comme le chanvre et le tabac. Cet engrais, le meilleur jusqu'au XIX ième siècle, devait être battu au fléau pour le rendre plus pulvérulent, et étendu par temps de pluie pour le diluer et éviter de brûler les cultures. Avant l'apparition des engrais chimiques, l'importance de la "colombine" était telle dans certaines régions, que sa valeur était stipulée dans les baux de métayages ou pouvait figurer dans les contrats de mariage comme partie de la dot. Un pigeon en produit de deux à trois kilos par an.
Autre utilisation de la fiente de pigeon : la production de salpêtre pour faire de la poudre à fusil.
Avant le début du XIX ième siècle les quantités de bétail restaient très limitées pour différentes raisons, ce qui limitait d'autant les possibilités de consommation de viande et celle de la fumure à base de déjection du gros bétail. Quand le bétail ne pouvait être nourri avec du fourrage en hiver, il fallait l'abattre et saler la viande.
L'introduction de la rave et du rutabaga au XVIII ième siècles, vont changer les conditions d'élevage du gros bétail et diminuer d'autant l'intérêt de celui des pigeons. L'intérêt de l'élevage des pigeons, tient à leur forte et rapide capacité de reproduction ; toutes les cinq semaines de mars à septembre, un couple pond deux œufs, les couve, les engraisse et recommence. Ainsi un pigeonnier de cinq cents nids pouvait donner 160 pigeonneaux par semaine. C'est aussi une viande disponible toute l'année, les pigeons pouvant être facilement nourris avec du grain lorsque les conditions atmosphériques empêchent leur alimentation dans les champs. C'est une viande facilement conservable et transportable sous forme de pigeons vivants, dans des cages en l'absence de système frigorifique. Les pigeons sont vendus vivants au marché, tués et consommés au fur et à mesure des besoins. Donc du plus grand intérêt à l'époque des grands voyages de la navigation à voile. A noter que de grands pigeonniers se retrouvent près de grands ports ou construits par des armateurs comme celui d'Ango près de Dieppe, ou celui de Brue Auriac prés de Marseille (4100 boulins) .
Le déclin de la culture du chanvre et le développement du maraîchage ont aussi participé à l'abandon progressif des pigeonniers, ainsi que l'apparition des engrais chimiques vers la fin du XVIII ième siècle. A ces utilités principales et d'ordre économique, il faut ajouter le rôle social du pigeonnier signalant le rang de son propriétaire. Ceci par les formes des girouettes couronnant le toit, mais aussi par la taille même du pigeonnier, qui pour les plus grands signalent des domaines de plusieurs milliers d'hectares; sans parler de la forme massive et imposante de la construction. Tous les châteaux possédaient un ou plusieurs pigeonniers, ainsi que de très nombreuses abbayes et les fermes qui en dépendaient. Un exemple intéressant en France, est celui du pigeonnier du château de Hagnou, il fonctionnât jusqu'en 1832 et avec ses 3200 nids avait 6 personnes attachées à son service.
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